mercredi 18 mars 2015
Barbey d'Aurevilly "Du dandysme et de George Brummell"
p56
Il en a la hardiesse dans la conduite, l'impertinence somptueuse, la préoccupation de l'effet extérieur, et la vanité incessamment présente.
p65
Aimer, même dans le sens le moins élevé de ce mot, désirer, c'est toujours dépendre, c'est être esclave de son désir.
p80
...sans l'Impertinence, la Grâce ne ressemblerait-elle pas à une blonde trop fade, et sans la Grâce, l'Impertinence ne serait-elle pas une brune trop piquante? Pour qu'elles soient bien ce qu'elles sont chacune, il convient de les entremêler.
p88
...on ne domine une société qu'en épousant ses passions.
p118
(car un des caractères des dandys, c'est de ne jamais faire ce qu'on attend d'eux)
p56
Il en a la hardiesse dans la conduite, l'impertinence somptueuse, la préoccupation de l'effet extérieur, et la vanité incessamment présente.
p65
Aimer, même dans le sens le moins élevé de ce mot, désirer, c'est toujours dépendre, c'est être esclave de son désir.
p80
...sans l'Impertinence, la Grâce ne ressemblerait-elle pas à une blonde trop fade, et sans la Grâce, l'Impertinence ne serait-elle pas une brune trop piquante? Pour qu'elles soient bien ce qu'elles sont chacune, il convient de les entremêler.
p88
...on ne domine une société qu'en épousant ses passions.
p118
(car un des caractères des dandys, c'est de ne jamais faire ce qu'on attend d'eux)
samedi 14 mars 2015
Pierre Jean Jouve "Tombeau de Baudelaire"
Dans sa fatale mission, Baudelaire a été privé d'amour. Donnons-lui cet amour qui manque, ayant aperçu distinctement combien il le mérite. La qualité suprême du grand poète réside dans le courage, et Baudelaire est un exemple magnifique de courage. Car il en faut pour s'abîmer, comme il l'a fait, devant "Dieu et sa profondeur".
Anges revêtus d'or, de pourpre et d'hyacinthe,
O vous, soyez témoins que j'ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
Dans sa fatale mission, Baudelaire a été privé d'amour. Donnons-lui cet amour qui manque, ayant aperçu distinctement combien il le mérite. La qualité suprême du grand poète réside dans le courage, et Baudelaire est un exemple magnifique de courage. Car il en faut pour s'abîmer, comme il l'a fait, devant "Dieu et sa profondeur".
Anges revêtus d'or, de pourpre et d'hyacinthe,
O vous, soyez témoins que j'ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
lundi 16 février 2015
lundi 9 février 2015
samedi 20 décembre 2014
Dandysme
Indépendance
Révolte
Création de soi
Nouvelle aristocratie
Superficiel par profondeur
La forme du geste
Distinction
"...le principe constitutif de l'élégance est l'unité." (Balzac)
Barbez d'Aurevilly
"Tout dandy est un oseur, mais un oseur qui a du tact, qui s'arrête de temps en temps et qui trouve, entre l'originalité et l'excentricité, le fameux point d'intersection de Pascal"
caractère à la fois individualiste et provocateur, quoique toujours pondéré et équilibré
personne éduquée et être policé, malgré sa propension à la débauche et son air rebelle
il se joue de la règle et pourtant la respecte encore
il en souffre et s'en venge tout en la subissant; il s'en réclame quand il y échappe; il la domine et en est dominé à son tour: double muable caractère!
Indépendance
Révolte
Création de soi
Nouvelle aristocratie
Superficiel par profondeur
La forme du geste
Distinction
"...le principe constitutif de l'élégance est l'unité." (Balzac)
Barbez d'Aurevilly
"Tout dandy est un oseur, mais un oseur qui a du tact, qui s'arrête de temps en temps et qui trouve, entre l'originalité et l'excentricité, le fameux point d'intersection de Pascal"
caractère à la fois individualiste et provocateur, quoique toujours pondéré et équilibré
personne éduquée et être policé, malgré sa propension à la débauche et son air rebelle
il se joue de la règle et pourtant la respecte encore
il en souffre et s'en venge tout en la subissant; il s'en réclame quand il y échappe; il la domine et en est dominé à son tour: double muable caractère!
lundi 1 décembre 2014
Fait:
-Le chat
-Chanson d'aprè-midi
-À une passante
-La beauté
-La mort des pauvres
-Spleen
-L'invitation au voyage
-Élévation
-À celle qui est trop gaie
-Harmonie du soir
-L'Héautontimorouménos
-Le revenant
Presque fait:
-La fontaine de sang
-Le vin des amants
À faire:
-La vie antérieure (?)
-Le vampire
-Tristesses de la lune (?)
-L'horloge
-Les promesses d'un visage
Reprises:
-Le serpent qui danse
-Recueillement
-Le chat
-Chanson d'aprè-midi
-À une passante
-La beauté
-La mort des pauvres
-Spleen
-L'invitation au voyage
-Élévation
-À celle qui est trop gaie
-Harmonie du soir
-L'Héautontimorouménos
-Le revenant
Presque fait:
-La fontaine de sang
-Le vin des amants
À faire:
-La vie antérieure (?)
-Le vampire
-Tristesses de la lune (?)
-L'horloge
-Les promesses d'un visage
Reprises:
-Le serpent qui danse
-Recueillement
L'eclectisme, aux différentes époques, s'est toujours cru plus grand que les doctrines anciennes, parce qu'arrivé le dernier il pouvait parcourir les horizons les plus reculés. Mais cette impartialité prouve l'impuissance des éclectiques. Des gens qui se donnent si largement le temps de la réflexion ne sont pas des hommes complets; il leur manque une passion.
Les éclectiques n'ont pas songé que l'attention humaine est d'autant plus intense qu'elle est bornée et qu'elle limite elle-même son champ d'observations. Qui trop embrasse mal étreint.
C'est surtout dans les arts que l'éclectisme a eu les conséquences les plus visibles et les plus palpables, parce que l'art, pour être profond, veut une idéalisation perpétuelle qui ne s'obtient qu'en vertu du sacrifice, - sacrifice involontaire.
Quelque habile que soit un éclectique, c'est un homme faible; car c'est un homme sans amour. Il n'a donc pas d'idéal, pas de parti pris; - ni étoile ni boussole.
Il mêle quatre procédés différents qui ne produisent qu'un effet noir, une négation.
Un éclectique est un navire qui voudrait marcher avec quatre vents.
Une oeuvre faite à un point de vue exclusif, quelque grands que soient ses défauts, a toujours un grand charme pour les tempérements analogues à celui de l'artiste.
L'oeuvre d'un éclectique ne laisse pas de souvenir.
(DE L'ÉCLECTISME ET DU DOUTE, p 472)
Les éclectiques n'ont pas songé que l'attention humaine est d'autant plus intense qu'elle est bornée et qu'elle limite elle-même son champ d'observations. Qui trop embrasse mal étreint.
C'est surtout dans les arts que l'éclectisme a eu les conséquences les plus visibles et les plus palpables, parce que l'art, pour être profond, veut une idéalisation perpétuelle qui ne s'obtient qu'en vertu du sacrifice, - sacrifice involontaire.
Quelque habile que soit un éclectique, c'est un homme faible; car c'est un homme sans amour. Il n'a donc pas d'idéal, pas de parti pris; - ni étoile ni boussole.
Il mêle quatre procédés différents qui ne produisent qu'un effet noir, une négation.
Un éclectique est un navire qui voudrait marcher avec quatre vents.
Une oeuvre faite à un point de vue exclusif, quelque grands que soient ses défauts, a toujours un grand charme pour les tempérements analogues à celui de l'artiste.
L'oeuvre d'un éclectique ne laisse pas de souvenir.
(DE L'ÉCLECTISME ET DU DOUTE, p 472)
lundi 20 octobre 2014
lundi 13 octobre 2014
mardi 30 septembre 2014
Sartre dans son Baudelaire faisait semblant de se demander s'il avait mérité une telle existence. Sa réponse est oui bien entendu, pas de quartier. Sartre croyait au monde et à la société. Baudelaire n'y croit pas. Pour Sartre, tout ce qu'on pouvait trouver sous le nom de Baudelaire, sa solitude inouïe, les étapes médiocres de sa déchéance et sa mort en silence, étaient dans l'ordre du monde. Baudelaire était donc coupable, responsable de ses échecs minables et de sa vie si close puisqu'il avait choisi en toute liberté de s'égarer. Sartre était quelqu'un qui savait d'où venaient pêle-mêle la syphilis, la mère incompétente, Les Fleurs du Mal et la horde inépuisable des créanciers. Baudelaire, lui, ne sait pas. C'est sur cette ignorance qu'il a rythmé son immense connaissance...
(Philippe Muray - Le 19e siècle à travers les âges - p656)
vendredi 26 septembre 2014
dimanche 14 septembre 2014
Fait:
-Le chat
-Chanson d'aprè-midi
-À une passante
-La beauté
-La mort des pauvres
-Spleen (?)
Presque fait:
-Élévation
-À celle qui est trop gaie
-La fontaine de sang
-L'invitation au voyage
À faire:
-La vie antérieure (?)
-Le vampire
-Harmonie du soir
-Le revenant
-Tristesses de la lune (?)
-L'Héautontimorouménos
-L'horloge
-Le vin des amants
-Les promesses d'un visage
Reprises:
-Le serpent qui danse
-Recueillement
-Le chat
-Chanson d'aprè-midi
-À une passante
-La beauté
-La mort des pauvres
-Spleen (?)
Presque fait:
-Élévation
-À celle qui est trop gaie
-La fontaine de sang
-L'invitation au voyage
À faire:
-La vie antérieure (?)
-Le vampire
-Harmonie du soir
-Le revenant
-Tristesses de la lune (?)
-L'Héautontimorouménos
-L'horloge
-Le vin des amants
-Les promesses d'un visage
Reprises:
-Le serpent qui danse
-Recueillement
lundi 8 septembre 2014
Un été avc Baudelaire d'Antoine Compagnon avec des lectures de Zabou Breitman sur France Inter
http://www.franceinter.fr/emission-un-ete-avec-baudelaire
http://www.franceinter.fr/emission-un-ete-avec-baudelaire
Paul Valéry - Situation de Baudelaire
p247
Il y a dans les meilleurs vers de Baudelaire une combinaison de chair et d'esprit, un mélange de solennité, de chaleur et d'amertume, d'éternité et d'intimité, une alliance rarissime de la volontée avec l'harmonie, qui les distinguent nettement des vers romantiques comme ils les distinguent nettement des vers parnassiens.
p247
Il y a dans les meilleurs vers de Baudelaire une combinaison de chair et d'esprit, un mélange de solennité, de chaleur et d'amertume, d'éternité et d'intimité, une alliance rarissime de la volontée avec l'harmonie, qui les distinguent nettement des vers romantiques comme ils les distinguent nettement des vers parnassiens.
lundi 1 septembre 2014
Théophile Gautier - Charles Baudelaire
p39
Il y a des gens qui sont naturellement maniérés. La simplicité serait chez eux affectation pure et comme une sorte de maniérisme inverse.
p53
Disons..qu'il eût préféré à une simple jeune fille n'ayant d'autre cosmétique que l'eau de sa cuvette, une femme plus mûre employant toutes les ressources d'une coquetterie savante, devant une toilette couverte de flacons d'essences, de lait virginal, de brosses d'ivoire et de pinces d'acier.
p58
Pour peindre ces corruptions qui lui font horreur, il a su trouver ces nuances morbidement riches de la pourriture plus ou moins avancée, ces tons de nacre et de burgau qui glacent les eaux stagnantes, ces roses de phtisie, ces blancs de chlorose, ces jaunes fielleux de bile extravasée, ces gris plombés de brouillard pestilentiel, ces verts empoisonnés et métalliques puant l'arséniate de cuivre, ces noirs de fumée délayés par la pluie le long des murs plâtreux, ces bitumes recuits et roussis dans toutes les fritures de l'enfer si excellents pour servir de fond à quelque tête livide et spectrale, et toute cette gamme de couleurs exaspérées poussées au degré le plus intense, qui correspondent à l'automne, au coucher du soleil, à la maturité extrême des fruits, et à la dernière heure des civilisations.
p63
Les chats
p70
Par sa mélancolie sereine, sa tranquillité lumineuse et son kief oriental, la pièce intitulée la Vie antérieure contraste heureusement avec les sombres peintures du monstrueux Paris moderne et montre que l'artiste a, sur sa palette, à côté des noirs, des bitumes, des momies, des terres d'ombre et de Sienne, tout une gamme de nuances fraîches, légères, transparentes, délicatement rosées, idéalement bleues comme les lointains de Breughel de Paradis, propres à rendre les paysages élyséens et les mirages du rêve.
p74
Vouloir séparer le vers de la poésie, c'est une folie moderne qui ne tend à rien de moins que l'anéantissement de l'art lui-même.
p78
Le sonnet est une sorte de fugue poétique dont le thème doit passer et repasser jusqu'à sa résolution par les formes voulues.
p81...passons à la trame du style. Baudelaire y mêle des fils de soie et d'or à des fils de chanvre rudes et forts, comme en ces étoffes d'Orient à la fois splendides et grossières où les plus délicats ornements courent avec de charmants caprices sur un poil de chameau bourru ou sur une toile âpre au toucher comme la voile d'une barque. Les recherches les plus coquettes, les plus précieuses même s'y heurtent à des brutalités sauvages; et, du boudoir aux parfums enivrants, aux conversations voluptueusement langoureuses, on tombe au cabaret ignoble où les ivrognes, mêlant le vin et le sang, se disputent à coup de couteau pour quelque Hélène de carrefour.
Petits poèmes en prose
Notes et correspondances avec les Fleurs du Mal
Un plaisant
Le fou et la Vénus (La Beauté)
Le chien et le flacon
À une heure du matin (musique à partir de "mécontent de moi...)
Les veuves (la fin) (À une passante)
L'horloge (Le chat, L'horloge)
Un hémisphère dans une chevelure
L'invitation au voyage
Le miroir
Le crépuscule du soir (Recueillement)
Le port (L'invitation au voyage)
Notes et correspondances avec les Fleurs du Mal
Un plaisant
Le fou et la Vénus (La Beauté)
Le chien et le flacon
À une heure du matin (musique à partir de "mécontent de moi...)
Les veuves (la fin) (À une passante)
L'horloge (Le chat, L'horloge)
Un hémisphère dans une chevelure
L'invitation au voyage
Le miroir
Le crépuscule du soir (Recueillement)
Le port (L'invitation au voyage)
vendredi 29 août 2014
vendredi 25 juillet 2014
"Je saisis à part chacun de ces mots, j'admire ensuite la guirlande qu'ils forment et l'effet de leur conjuration; car aucun d'eux n'est inutile et chacun d'eux est exactement à sa place. Volontiers je les prendrais pour titres des successifs chapitres d'un traité d'esthétique:
-Ordre (Logique, disposition raisonnables des parties);
-Beauté (Ligne, élan, profil de l'oeuvre);
-Luxe (Abondance disciplinée);
-Calme (Tranquillisation du tumulte);
-Volupté (Sensualité, charme adorable de la matière, attrait)."
(André Gide)
-Ordre (Logique, disposition raisonnables des parties);
-Beauté (Ligne, élan, profil de l'oeuvre);
-Luxe (Abondance disciplinée);
-Calme (Tranquillisation du tumulte);
-Volupté (Sensualité, charme adorable de la matière, attrait)."
(André Gide)
mardi 15 juillet 2014
samedi 12 juillet 2014
vendredi 11 juillet 2014
"Baudelaire" de Jean-Paul Sartre.
Lu avec des pincettes.
Quelques notes tout de même:
p24
...Ce "naturel" que Baudelaire a tant haï et tant regretté, il n'existe pas du tout chez lui: tout est truqué parce que tout est inspecté, la moindre humeur, le plus faible désir naissent regardés, déchiffrés. Et, pour peu qu'on se rappelle le sens que Hegel donnait au mot d'immédiat,on comprendra que la singularité profonde de Baudelaire c'est qu'il est l'homme sans immédiateté.
p43
Et Baudelaire, qui hait l'homme et la "tyrannie de la face humaine" se retrouve humaniste par son culte de l’œuvre humaine.
p77
A rien de ce qu'il pense, à rien de ce qu'il sent, à aucune de ses souffrances, à aucune de ses grinçantes voluptés, Baudelaire ne croit tout à fait: c'est peut-être là sa véritable souffrance......Il faut plutôt concevoir que les sentiments de Baudelaire ont une sorte de vide intérieur. Il tente par une frénésie perpétuelle, par une extraordinaire nervosité, de compenser leur insuffisance. Mais en vain: ils sonnent creux....Si nous pouvions...descendre tout au fond de son cœur, peut-être y trouverions-nous, sous les angoisses et les remords, sous le frémissement des nerfs, douce et plus insupportable que les maux les plus pénibles, l'Indifférence.
p101
...il redoute la nature comme réservoir de splendeur et de fécondité et lui lui substitue le monde de son imagination: univers métallique, c'est-à-dire froidement stérile et lumineux.
p109
...Le froid c'est lui-même, stérile, gratuit et pur.....chaque objet froid lui renvoie son image...la froideur: elle s'est identifiée au métal poli mais aussi à la pierre précieuse...Le blanc est la couleur du froid...C'est pourquoi la lune devient l'emblème de la frigidité; cette pierre précieuse, isolée dans le ciel, tourne vers nous ses steppes crayeuses, fait tomber sur la terre, pendant les froids de la nuit, une lumière blanche qui tue ce qu'elle éclaire.
p137
Voilà qui sent plus le pédéraste que le dandy.
p139
...il est affreusement timide...
p146
...il poursuit l'idéal impossible de se créer lui-même.
(pourquoi impossible????)
p168
Il aurait horreur de monter en plein ciel, en laissant au-dessous de lui les biens de la terre; ce qu'il lui faut ce sont ces biens mêmes, mais pour qu'il les méprise, la prison terrestre, pour qu'il se sente perpétuellement sur le point de s'en évader: en un mot l'insatisfaction n'est pas une aspiration véritable vers l'au-delà mais une certaine manière d'éclairer le monde.
Lu avec des pincettes.
Quelques notes tout de même:
p24
...Ce "naturel" que Baudelaire a tant haï et tant regretté, il n'existe pas du tout chez lui: tout est truqué parce que tout est inspecté, la moindre humeur, le plus faible désir naissent regardés, déchiffrés. Et, pour peu qu'on se rappelle le sens que Hegel donnait au mot d'immédiat,on comprendra que la singularité profonde de Baudelaire c'est qu'il est l'homme sans immédiateté.
p43
Et Baudelaire, qui hait l'homme et la "tyrannie de la face humaine" se retrouve humaniste par son culte de l’œuvre humaine.
p77
A rien de ce qu'il pense, à rien de ce qu'il sent, à aucune de ses souffrances, à aucune de ses grinçantes voluptés, Baudelaire ne croit tout à fait: c'est peut-être là sa véritable souffrance......Il faut plutôt concevoir que les sentiments de Baudelaire ont une sorte de vide intérieur. Il tente par une frénésie perpétuelle, par une extraordinaire nervosité, de compenser leur insuffisance. Mais en vain: ils sonnent creux....Si nous pouvions...descendre tout au fond de son cœur, peut-être y trouverions-nous, sous les angoisses et les remords, sous le frémissement des nerfs, douce et plus insupportable que les maux les plus pénibles, l'Indifférence.
p101
...il redoute la nature comme réservoir de splendeur et de fécondité et lui lui substitue le monde de son imagination: univers métallique, c'est-à-dire froidement stérile et lumineux.
p109
...Le froid c'est lui-même, stérile, gratuit et pur.....chaque objet froid lui renvoie son image...la froideur: elle s'est identifiée au métal poli mais aussi à la pierre précieuse...Le blanc est la couleur du froid...C'est pourquoi la lune devient l'emblème de la frigidité; cette pierre précieuse, isolée dans le ciel, tourne vers nous ses steppes crayeuses, fait tomber sur la terre, pendant les froids de la nuit, une lumière blanche qui tue ce qu'elle éclaire.
p137
Voilà qui sent plus le pédéraste que le dandy.
p139
...il est affreusement timide...
p146
...il poursuit l'idéal impossible de se créer lui-même.
(pourquoi impossible????)
p168
Il aurait horreur de monter en plein ciel, en laissant au-dessous de lui les biens de la terre; ce qu'il lui faut ce sont ces biens mêmes, mais pour qu'il les méprise, la prison terrestre, pour qu'il se sente perpétuellement sur le point de s'en évader: en un mot l'insatisfaction n'est pas une aspiration véritable vers l'au-delà mais une certaine manière d'éclairer le monde.
vendredi 6 juin 2014
mardi 3 juin 2014
Je me rends compte, maintenant que j'ai terminé quelques titres (Le chat, Chanson d'après-midi, Á une passante...), qu'en cherchant une certaine "vérité" pour la mise en musique des poèmes de Baudelaire, je tourne autour d'une certaine tradition musicale qui irait de Joy Division ou The Wall de Pink Floyd jusqu'à Radio Head en passant par The Smiths et Nick Cave...comme si toute cette lignée de mélancolie contre le monde était déjà empreinte de lui. Je ne voudrais pas m'y enfermer: il me faut donc ne pas oublier que Baudelaire écrit en français et aussi beaucoup plus creuser le côté "antique" de la musique.
Autre envie plus ludique: insérer 1 ou 2 coups de crotales par titre...
mercredi 21 mai 2014
mercredi 7 mai 2014
En quelques minutes, je passai en revue l'ensemble de ma carrière, cinématographique surtout. Racisme, pédophilie, cannibalisme, parricide, actes de torture et de barbarie: en moins d'une décennie, j'avais écrémé la quasi-totalité des créneaux porteurs. Il était quand même curieux, me dis-je une fois de plus, que l'alliance de la méchanceté et du rire ait été considérée comme si novatrice par les milieux du cinéma; ils ne devaient pas souvent lire Baudelaire, dans la profession. (M.H. La possibilité d'une île)
(Y a-t-il un "rire" dans les Fleurs du Mal?)
(Y a-t-il un "rire" dans les Fleurs du Mal?)
jeudi 24 avril 2014
lundi 7 avril 2014
La fontaine de sang
Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
À travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.
J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
Le vin rend œil plus clair et l'oreille plus fine !
J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !
(capiteux=enivrant; captieux=qui tente de tromper)
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
À travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.
J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ;
Le vin rend œil plus clair et l'oreille plus fine !
J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !
(capiteux=enivrant; captieux=qui tente de tromper)
Pourquoi deux quatrains et deux tercets dans un sonnet?
Comment rendre cela?
On dirait des blocs de pierre qui disparaissent en perspective
Ici Baudelaire
oui
oui
non
oui
non
non
Il rééquilibre le déséquilibre...
vendredi 28 mars 2014
L'invitation au voyage
triptyque
-femme paysage
-intérieur (chambre)
-ville (vue de la chambre?)
sorte de rêve éveillé
berceuse
triptyque
-femme paysage
-intérieur (chambre)
-ville (vue de la chambre?)
sorte de rêve éveillé
berceuse
Matisse "Luxe, calme et volupté" 1904
Van Ruysdaël, Passage de rivière avec un passeur, XVIIe siècle
Vermeer, Vue de Delft , XVIIe siècle
(Finalement les deux dernières me parlent plus)
samedi 22 mars 2014
mercredi 12 mars 2014
Recueillement
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;
Le soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
Le serpent qui danse
Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !
Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,
Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.
Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.
A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.
Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,
Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.
Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
Je crois boire un vin de bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon cœur !
Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !
Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,
Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.
Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.
A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.
Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,
Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.
Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,
Je crois boire un vin de bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon cœur !
vendredi 7 mars 2014
LE CHAT
Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.
La musique, le son, la forme sont venus comme un présent, comme pour me dire: fais-le! Va jusqu'au bout! La porte s'est ouverte, je suis entré, elle s'est refermée.
[]
Le crescendo du poème invoque d'abord la présence du chat aux côtés du poète : l'apostrophe impérative "viens" connote l'idée de distance, puis l'approche par le regard, yeux dans les yeux, puis le contact se fait tactile, l'apparition du plaisir, et une dernière approche, le parfum. Très vite, s'instaure une osmose "plonger". Tous les sens sont ainsi mis en éveil : le toucher "caressant", "doigts", "élastiques", "palper", "corps électrique", "corps brun" ; l'odorat "dangereux parfum" ; et la vue "mêlés de métal et d'agate".
[]
Dans le premier tercet, le chat change de statut par rapport au début du poème. Il devient un complice, auquel le poète se confie. Le contact charnel du chat a permis l'apparition spirituelle de la femme, association mentale puis retour aux attributs physiques avec une comparaison explicite "son regard, comme le tien, aimable bête" ()
Le crescendo du poème invoque d'abord la présence du chat aux côtés du poète : l'apostrophe impérative "viens" connote l'idée de distance, puis l'approche par le regard, yeux dans les yeux, puis le contact se fait tactile, l'apparition du plaisir, et une dernière approche, le parfum. Très vite, s'instaure une osmose "plonger". Tous les sens sont ainsi mis en éveil : le toucher "caressant", "doigts", "élastiques", "palper", "corps électrique", "corps brun" ; l'odorat "dangereux parfum" ; et la vue "mêlés de métal et d'agate".
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Dans le premier tercet, le chat change de statut par rapport au début du poème. Il devient un complice, auquel le poète se confie. Le contact charnel du chat a permis l'apparition spirituelle de la femme, association mentale puis retour aux attributs physiques avec une comparaison explicite "son regard, comme le tien, aimable bête" ()
[...] Le moi récurrent, pronom tonique, montre l’égocentrisme du personnage et son impression de possession mon chat ma femme c’est une invitation à la docilité passive. Le chat est complimenté beau aimable bête ce portrait laudatif du félin est lié à la sensualité qu’il dégage. Cependant, la figure du chat n’est qu’une allégorie pour évoquer Jeanne Duval, analoguée au félin par ses nombreux atouts charnels et sensuels. On atteint un degré supérieur au vers on n’est plus dans la simple sensualité, on est dans l’ivresse, le plaisir thème récurant chez Baudelaire. C’est là que la femme fait son apparition. [...]
[...] La femme-Chat a. L’identification de la femme au chat Dans le premier tercet, le chat change de statut par rapport au début du poème. Il devient un complice, auquel le poète se confie. Le contact charnel du chat a permis l’apparition spirituelle de la femme, association mentale puis retour aux attributs physiques avec une comparaison explicite son regard, comme le tien, aimable bête La femme obtient une présence métonymique par le biais du regard. Peu à peu, la confusion s’installe entre les deux êtres ; le dernier tercet cultive l’ambigüité par des connotations humaines pieds tête On ne sait plus très bien à qui le corps brun appartient, Jeanne Duval, la maîtresse ou le chat. [...]
mardi 4 mars 2014
lundi 3 mars 2014
p788
Baudelaire était confronté, dans toutes ses émotions, à des changements brutaux qui l'ébranlaient.
balancement rythmique, bercement
être bercé entre les extrêmes comme le sont les navires, c'est à cela que Baudelaire aspirait.
Les navires concilient la nonchalance et la volonté d'activité extrême.
p765
toute la page
Baudelaire était confronté, dans toutes ses émotions, à des changements brutaux qui l'ébranlaient.
balancement rythmique, bercement
être bercé entre les extrêmes comme le sont les navires, c'est à cela que Baudelaire aspirait.
Les navires concilient la nonchalance et la volonté d'activité extrême.
p765
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mardi 25 février 2014
lundi 24 février 2014
p653
Il n'y a pas dans le recueil des Fleurs du mal la moindre velléité de dépeindre Paris...Baudelaire élève sa voix dans le tumulte de Paris comme on parlerait face à la mer et à son ressac.
p656
Le premier vers de "La servante au grand cœur" - l'accent ne porte pas sur les mots dont vous étiez jalouse, comme l'on s'y attendait. La voix se retire en quelque sorte de jaloux. Et ce reflux de la voix est quelque chose d'extrêmement caractéristique chez Baudelaire.
guitare électrique - métal, gris et noir
harpe - l'antique, le secret, le mystère, le sensible le sensuel
il faut aussi du rouge....? des cordes?
et des cuivres...la mort? (trop facile)
et le moderne?....électro?...non, pas d'électro
Il n'y a pas dans le recueil des Fleurs du mal la moindre velléité de dépeindre Paris...Baudelaire élève sa voix dans le tumulte de Paris comme on parlerait face à la mer et à son ressac.
p656
Le premier vers de "La servante au grand cœur" - l'accent ne porte pas sur les mots dont vous étiez jalouse, comme l'on s'y attendait. La voix se retire en quelque sorte de jaloux. Et ce reflux de la voix est quelque chose d'extrêmement caractéristique chez Baudelaire.
guitare électrique - métal, gris et noir
harpe - l'antique, le secret, le mystère, le sensible le sensuel
il faut aussi du rouge....? des cordes?
et des cuivres...la mort? (trop facile)
et le moderne?....électro?...non, pas d'électro
p651
...ce qu'il y a de spécifiquement français chez lui: la rogne. Elle voit en lui le révolté...maniaque, révolté contre sa propre impuissance, et qui le sait...
Les lecteurs de B. sont des hommes. Les femmes ne l'aiment pas. Pour les hommes, il décrit et transcende le côté ordurier de leur vie pulsionnelle. Si l'on va plus loin, vu sous cet éclairage, la passion de B. est pour nombre de ses lecteurs le rachat de certains aspects de leur vie hormique
(à mettre en regard avec mon analyse "positive" de "à celle qui est trop gaie"...l'amour qui sauve)
Les mots sont chez lui des voiles.
...ce qu'il y a de spécifiquement français chez lui: la rogne. Elle voit en lui le révolté...maniaque, révolté contre sa propre impuissance, et qui le sait...
Les lecteurs de B. sont des hommes. Les femmes ne l'aiment pas. Pour les hommes, il décrit et transcende le côté ordurier de leur vie pulsionnelle. Si l'on va plus loin, vu sous cet éclairage, la passion de B. est pour nombre de ses lecteurs le rachat de certains aspects de leur vie hormique
(à mettre en regard avec mon analyse "positive" de "à celle qui est trop gaie"...l'amour qui sauve)
Les mots sont chez lui des voiles.
A celle qui est trop gaie
Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.
Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.
Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.
Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé ;
Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime !
Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie,
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein ;
Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.
Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,
Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,
Et, vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur !
Une analyse:
(sauf que les "lèvres nouvelles" sont à envisager d'un point de vue sexuel...)
voir aussi Causerie et Le Vampire
Ces objets dont la nouveauté est déterminante -la grande ville, la masse - ne sont pas visés en tant que tels par Baudelaire. La mélodie qu'il a en tête, c'est le satanisme, le spleen et l'érotisme déviant, et non ces objets. Les véritables objets des Fleurs du mal se trouvent en des endroits discrets. Ce sont, pour rester dans la métaphore, les cordes jamais effleurées de l'instrument inouï dont joue l'imaginaire baudelairien.
Le labyrinthe...
Le jeu de hasard, la flânerie, la collection - des activités utilisées pour combattre le spleen.
Le labyrinthe...
Le jeu de hasard, la flânerie, la collection - des activités utilisées pour combattre le spleen.
mercredi 19 février 2014
mardi 18 février 2014
L'irascibilité de Baudelaire relève de sa nature destructrice. On comprend mieux les choses quand on voit dans ses accès de colère là encore un sectionnement du temps. (p476)
Le spleen intercale des siècles entre l'instant tout juste vécu et l'instant présent. C'est lui qui fabrique inlassablement de "l'antiquité" . Et de fait, chez Baudelaire, la modernité n'est rien d'autre que la dernière "antiquité" en date. (p481)
Quelque chose de berçant...(Le cygne) (p483)
Le spleen intercale des siècles entre l'instant tout juste vécu et l'instant présent. C'est lui qui fabrique inlassablement de "l'antiquité" . Et de fait, chez Baudelaire, la modernité n'est rien d'autre que la dernière "antiquité" en date. (p481)
Quelque chose de berçant...(Le cygne) (p483)
lundi 10 février 2014
p452
"...il nous récitait d'une voix précieuse, douce, flûtée, onctueuse, et cependant mordante, une énormité quelconque, le "Vin de l'assassin" ou la "Charogne". Le contraste était réellement saisissant entre la violence des images et la placidité affectée, l'accentuation suave et pointue du débit"
mercredi 5 février 2014
Dans chaque oeuvre d'art véritable, il existe un lieu où celui qui s'y installe ressent un souffle frais pareil au vent d'une aube qui va poindre. Il en résulte que l'art, considéré souvent jusqu'ici comme réfractaire à toute relation avec le progrès, peut servir l'authentique finalité de celui-ci. Le progrès ne se situe pas dans la continuité du cours du temps, mais dans ses interférences: là où pour la première fois quelque chose de véritablement nouveau se fait sentir avec la sobriété de l'aube. (Walter Benjamin - Notes sur Baudelaire)
lundi 3 février 2014
"Un pantalon noir bien tiré sur la botte vernie, une blouse -blouse roulière bleue bien raide en ses plis neufs - pour toute coiffure ses longs cheveux noirs, naturellement bouclés, le linge de toile éclatante et strictement sans empois, quelques poils de barbe naissante sous le nez et au menton, et des gants roses tout frais...Ainsi vêtu et non coiffé, Baudelaire parcourait son quartier et la ville d'un pas saccadé, nerveux et mat à la fois, comme celui d'un chat, et choisissant chaque pavé comme s'il eût à se garder d'y écraser un oeuf."
(Nadar à propos de B. -Baudelaire par Benjamin p313)
(Nadar à propos de B. -Baudelaire par Benjamin p313)
lundi 20 janvier 2014
mercredi 15 janvier 2014
mardi 14 janvier 2014
lundi 6 janvier 2014
C'est bel et bien la première fois qu'un texte arrive à faire diminuer chez moi l'angoisse de la mort. C'est religieux sans religion.
La mort des pauvres
C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le coeur de marcher jusqu'au soir ;
A travers la tempête, et la neige, et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir ;
C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;
C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !
BAUDELAIRE par Olivier Apert (Illico - INFOLIO)
"être un grand homme et un Saint pour soi-même"
"être un grand homme et un Saint pour soi-même"
Quelques notes...
…tels les vampires, « gens à tête de mort dont le
principal est M. Baudelaire, personnage plein d’un froid calcul, qui emploie
les niaiseries du mystère et de l’horreur pour étonner son public (…) »
(Edmond Duranty, Le Figaro, 13 novembre 1856)
« L’éblouissante blancheur » de cette
nappe….dans ces années sombres
Travail Plaisir oxymore
Délit de fanfaronnade
Le démon de la perversité (Poe)
L’héautontimorouménos (du grec celui qui se punit
lui-même)
« Le dandysme est un soleil couchant ; comme
l’astre qui décline, il est superbe, sans chaleur et plein de mélancolie (…) Le
caractère de beauté du dandy consiste surtout dans l’air froid qui vient de
l’inébranlable résolution de ne pas être ému ; on dirait un feu latent qui
se fait deviner, qui pourrait mais ne veut pas rayonner (…) »
Savant mélange d’insolence et de retenue
Pose de prédicateur
Chez B., cette frivolité nerveuse se nomme « le
plaisir d’étonner et la satisfaction orgueilleuse de ne jamais être
étonné ».
…son originalité, qui était grande, se trouvait souvent
atténuée par le mal qu’il se donnait pour la faire ressortir. (Maxime Du Camp)
« Vous ne trouvez rien d’anormal en moi ? –
Mais non. – Cependant j’ai des cheveux verts, et ça n’est pas commun. »
Il avait le costume noir qu’il a longtemps porté, le
gilet très long, le pantalon étroit, l’habit en queue de sifflet ; et
par-dessus un paletot droit en bure, dont il avait le secret. La tête
complètement rasée…
…La chambre carrée, basse de plafond, était entièrement
tapissée de papier rouge et noir.
Séduction noire
Baudelaire qui ne détestait rien tant que l’effusion
lyrique
L’esthétique dandie
(profondeur, complexité, amertume, froideur)
Le vrai héros s’amuse tout seul
vendredi 3 janvier 2014
jeudi 2 janvier 2014
vendredi 27 décembre 2013
vendredi 5 juillet 2013
!
Incroyable tout ce que ça m'apporte de travailler pour les autres, en même temps cela me prend du temps.
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